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Oser la créativité liturgique

  • Michel
  • il y a 17 minutes
  • 3 min de lecture

Charles Delhez sj —


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« Je ne sais plus où aller à la messe », se lamentait une amie très pratiquante, mais déçue par les assemblées dominicales de sa région. Dans son roman Et tu trouveras le trésor qui dort en toi[1], Laurent Gounelle prête cette réflexion à l'un de ses personnages : “Comment amener des gens d’aujourd’hui à aller à ce genre de réunions qu’on appelle messes ? Les chants étaient niais, les sermons culpabilisants, et tout le reste, ennuyeux à mourir.” Les églises de plus en plus vides – sauf d’heureuses exceptions – confirment ce verdict. Surtout pour la jeune génération, le culte catholique tel qu’il est vécu n’est plus nourrissant. Ils vont chercher ailleurs.

À qui la faute ? Mauvaise question. Il y a moyen de tout justifier et de tout incriminer. De plus, d’autres éléments, qui relèvent de l’évolution sociale et culturelle de nos régions, tiennent les jeunes loin de l’Église. Alors que notre culture change à toute allure, est-il normal que la liturgie soit si figée ? La religion est de l’ordre de la tradition, rétorquera-t-on. Certes. Mais il y a un minimum d’inculturation nécessaire, non ?

Avant Vatican II, la liturgie s'était momifiée. Sa langue elle-même était une langue morte. Cela donnait un goût de sacré, mais ne permettait pas une intelligence de la foi et occultait le message du Christ. À cette époque, nul n’aurait osé toucher à la moindre lettre de la liturgie. Nous sommes parfois passés à l’opposé, mais ce qui fait le plus peur, c’est la fixité, non la créativité. Si l’on veut rester catholique, universel donc, il ne faut pas nier la tradition et tout réinventer, mais trouver le juste milieu.

Je suis un adepte de la “transgression responsable” : je ne respecte pas au pied de la lettre les rubriques liturgiques, mais je crois savoir jusqu'où je peux aller sans trahir ce que l'Église veut célébrer. La théologie la plus classique explique en effet que ce qui importe, c’est de vouloir faire ce que l’Église veut faire par ce rite. Ainsi, un prêtre qui se tromperait dans la formule d’absolution, pardonnerait vraiment les péchés si du moins il a voulu le faire en communion avec l’Eglise. Cette règle n’est-elle valable quand on remplace « se tromper » par « être créatif » ?

Il y a des transgressions que je ne me permettrais pas, parce qu'elles me mettraient hors de la communion ecclésiale. Ainsi, je n'hésite pas à demander à une femme de proclamer la Préface, mais je reprends la main à la consécration. Le résultat est-il parfait ? Non, bien sûr. Est-ce trop personnalisé ? C'est le risque. Mais la vraie question est : les participants sortent-ils ressourcés de la célébration ; la foi en Jésus le Christ a-t-elle été nourrie, l'espérance renouvelée et les liens fraternels renforcés ; le message reçu se traduira-t-il par un supplément d'amour ?

En réaction à la Réforme protestante, les catholiques se sont attachés à la validité des rites et pas assez à leur signification. Or la manière de célébrer, la justesse de la célébration, fait partie de cette validité et la qualité de l'assemblée fait partie du signe. Aux yeux de la foi chrétienne, en effet, l’Église est le sacrement-source des autres. Chaque petite communauté célébrante est le Corps du Christ en un lieu. Elle témoigne du Dieu Amour qui s’est manifesté en Jésus, mort et ressuscité. S’il n’y a pas de vraie fraternité, où est le signe ?



[1] Livre de Poche 34906 ; Kero 2016.



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