Place à l’enfant !
- Michel
- il y a 3 jours
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Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Charles Delhez sj –
En France, la compagnie des trains a récemment lancé une nouvelle offre, « Optimum » et « Optimum Plus ». Les enfants de moins de 12 ans n'ont pas accès à cette classe. On parle aussi depuis quelques temps de restaurants et de cafés « no kids ». Et tout cela, dans un contexte de dénatalité.
Depuis 2022, en Belgique, il y a plus de décès que de naissances et en Wallonie, depuis 2015. En France, le point de bascule a eu lieu l’an dernier. Les Belges en sont à 1,44 enfants par femme[1] (2024), ils étaient encore 1,6 enfants en 2021. Les Français sont en tête de l’Europe avec 1,53. Pour renouveler une population à l’identique, cependant, il faut 2,1.
J’aime avoir une pensée pour les mamans qui portent un enfant et pour les papas qui l’attendent. Mettre un enfant au monde, c’est un pari sur l’avenir, un acte de foi en la vie, un engagement d’amour, une prise de responsabilité, un cadeau à la société. J’adresse de tout cœur un merci à celles et ceux qui ont décidé de transmettre le don qu’ils avaient eux-mêmes reçu : la Vie. Merci à eux pour ce pari d’offrir au monde leur enfant.
Les Juifs, dit-on, attendent le messie, celui qui changera le monde et lui apportera la paix pour les siècles. Chaque maman enceinte peut donc se dire : c’est mon enfant qui sera le messie, celui qui rendra notre monde plus beau. « L’enfant a dans son berceau la paix ou la guerre de l’avenir, déclara Victor Hugo lors d’un congrès[2]. C’est de ce berceau qu’il faut chasser les ténèbres. Faisons lever l’aurore dans l’enfance. »
En cette période de transition, de mutation profonde, je forme le souhait que celui ou celle qui va naître bientôt apporte une touche nouvelle à notre humanité si inquiète. « Chaque enfant qui naît porte en lui l’espoir que Dieu n’est pas découragé au sujet de l’homme », proclamait le poète hindou Tagore. « Pour moi, l’aventure de la maternité ou de la paternité est un premier pas vers le divin ! », n’hésite pas à dire Aziliz Le Corre, une jeune philosophe.
Laurence Aubrun, qui considère la maternité comme « une brisure définitive de l’égoïsme, une école du don », écrit dans son livre Enceintes (2021) : « Voilà que se forge entre nous [les conjoints] un lien de chair, indissoluble. Nous pourrons nous contredire, nous disputer, nous séparer peut-être, un pacte est désormais scellé dans la chair de notre enfant. »
J’ai découvert ce texte d’origine inconnue : « Tu vas grandir heureux et confiant sous le toit de notre maison. Pour longtemps encore, tu auras besoin de nous prendre par la main. Mais nous ne t’enfermerons pas dans nos bras. Nous passerons beaucoup de temps à essayer de nous comprendre, à poser l’une après l’autre, les pierres de ta maison. Tu nous demanderas le pourquoi de nos gestes, et le sens de nos paroles. Tu exigeras que l’on te fasse confiance, que l’on t’accepte sans réserve et accueille tes désirs sans juger. Puissions-nous t’apprendre simplement que vivre c’est aimer[3]. »
Terminons par un souhait en forme de clin d’œil : que jamais il n’y ait des messes enfants non admis ! Que l’Église soit un lieu où les générations, mais aussi les milieux sociaux, fassent corps et se rassemblent dans la louange de la vie qui nous vient de Dieu.
[1] Le taux de natalité se compte en nombre d’enfants par femme en âge de procréer.
[2] Lors du Congrès international pour l’avancement des sciences sociales, le 22 septembre 1862.
[3] Légèrement retravaillé.

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