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Le choc du cancer

  • Michel
  • il y a 56 minutes
  • 3 min de lecture

Charles Delhez sj —


Entendre prononcer le mot « cancer » est toujours un choc. Il y avait un avant – cela ne m’arrivera pas –, il y aura un pendant – je suis passé dans le camp des malades. Me voilà devenu, dit Ludovic Namurois, « un objet d’étude, un “cas”, un corps morcelé que l’on palpe, que l’on mesure, que l’on irradie ». Il faudra trouver l’équilibre entre cacher ma maladie ou trop en parler, il faudra l’intégrer dans mon histoire de vie, sans qu’elle n’en soit le centre. Il y aura aussi sans doute un après : la conscience de moi ne sera plus jamais la même – j’ai eu un cancer.

Cette maladie n’est plus mortelle, mais chronique. Il y a aujourd’hui moyen de vivre avec elle, en veillant à ne pas culpabiliser – nul n’est coupable d’une mutation génétique – et à ne pas se définir uniquement par elle : nous sommes toujours en vie ! Elle est cependant en passe de devenir la première cause de mortalité dans le monde, si bien qu’il ne s’agit pas d’une maladie strictement individuelle mais d’une maladie d’époque. Elle s’explique aussi par les conditions de vie actuelle et est liée à la santé de la planète.

Un livre récent m’inspire cette chronique : Vivre avec vivre après, chez L’Iconoclaste (2025), co-écrit par Christophe André, psychiatre, grand promoteur de la méditation, qui a lui-même connu cette épreuve à l’âge de 59 ans, et deux oncologues, Cloé Brami et Violaine Forissier.

Un credo traverse ces pages : l’humain doit être au cœur des soins. Et une équation : Soin = acte + lien. Soigner un cancer n’est en effet pas simplement une suite d’actes techniques, mais un ensemble de liens. « Le regard, c’est le premier soin », rappelle Cloé. Les groupes de parole avec les pairs atteints de la même maladie sont aussi un soin à part entière. La dimension spirituelle et religieuse intervient également sans pour autant supprimer la nécessité du soin physique ou psychique. Une maladie grave affine en effet la sensibilité au spirituel. De plus, les auteurs abordent l’approche transdisciplinaire afin, argumente Violaine Forissier, « de répondre aux différentes dimensions de la vie et de la santé du patient ».

Il s’agit donc d’éviter la performance médicale au détriment de l’humanisation. Le soignant doit être un professionnel de la santé, un concept plus large que de la maladie. Sa relation avec le soignant est essentielle. Les paroles échangées seront très importantes, celles du malade qui doit pouvoir s’exprimer et être écouté, celle du médecin qui doit expliquer et comprendre. Il n’y a pas que les médicaments qui sont efficaces.

La guérison ne sera pas un retour à la santé d’avant, mais un autre chapitre de notre histoire. Les soins terminés, viendra la question du sens. Ce sera l’occasion d’une véritable reconfiguration d’identité. La maladie aura ouvert les yeux sur de nouvelles réalités, permis de comprendre des choses essentielles, renforcé des liens. Elle rappelle que la mort fait partie de la vie, mais qu’il n’y a pas que la mort dans la vie, il y a aussi et surtout la vie avant la mort. « N’oublie pas que tu es mortel ! Quel que soit le temps qui te reste, fais-en bon usage », lance Christophe André.

Un livre qui fera du bien aux patients comme aux soignants, car l’essentiel demeure dans le lien entre eux. « La vie, professe Cloé Brami, a une part de mystère, le soin aussi ! »



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