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Le fou de Dieu et le fou sans Dieu

  • il y a 3 heures
  • 3 min de lecture

Charles Delhez sj  —


« Je suis athée. Je suis anticlérical. Je suis un laïc militant, un rationaliste obstiné, un impie rigoureux ». Ainsi se présente Javier Cercas, l’auteur espagnol de ce livre captivant qu’est Le Fou de Dieu au bout du monde, chez Actes Sud[1]. Un roman, lit-on sur la couverture, et en effet, si ce qui définit ce genre littéraire est le suspense, c’est le cas. Je l’ai lu avec passion. Le fou de Dieu au bout du monde, c’est le pape François en Mongolie en août-septembre 2023. Javier Cercas, le fou sans Dieu, est dans l’avion qui conduit le Pape dans ce pays qui compte 3.500.000 habitants, mais seulement 1.500 catholiques  et quelques missionnaires.

Est-il possible d’être chrétien sans croire à la résurrection de la chair et en la vie éternelle ? Cette question obsède l’auteur. Cercas regrette qu’on rapporte toujours les propos sociétaux et politiques du pape François, mais qu’on ne l’interroge jamais sur les questions religieuses, et principalement celle-là : y a-t-il quelque chose après la mort ? Or, n’est-ce pas l’axe essentiel du christianisme, ce sans quoi tout s’effondre. ? La mère vieillissante du romancier croit, en effet, qu’elle retrouvera bientôt son mari là-haut. Est-ce vrai ? Cette question, Cercas voudrait la poser à François. C’est la condition mise par lui pour accompagner le pontife dans ce voyage afin d’écrire ensuite un livre, selon la demande des éditions vaticanes. La tentation m’habite de vous donner sa réponse. Mais je gâcherais l’intrigue.

Un deuxième fil rouge traverse ce roman. Quel est le secret du pape François ? N’y aurait-il pas chez Bergoglio, comme Cercas l’appelle volontiers, une personnalité double ? Et d’énumérer quatre anecdotes du pape argentin, quatre pas de travers incompatibles avec son image officielle. Ne serait-ce pas des brèches laissant entrevoir son fond humain, son déséquilibre intime, sa faille profonde, sa dualité fondamentale ?

Plus d’une fois au long de son pontificat, je l’avoue, j’ai pressenti l’autre face de sa personnalité et j’ai craint qu’elle ne prenne le dessus. Reconnaissons-le, elle a parfois pointé son nez. Nous en avons fait les frais en Belgique.… Peut-être est-ce pour cela qu’il terminait chacune de ses rencontres par son « Et n’oubliez pas de prier pour moi ». Lors de son élection, il avait accepté, en ajoutant : « Bien que je sois un pécheur. » Il savait le combat qu’il devait sans cesse mener. Montaigne, deux fois cité par Cercas, avait cet aphorisme : « Il se trouve autant de différences de nous à nous-mêmes que de nous à autrui. » Et pourtant, malgré ces dérapages, je reste séduit par François. Tout ce qu’il a voulu mettre en place, et parfois à contre-courant de cette seconde – ou première – nature, a marqué profondément l’Église. Un tournant a été pris.

Reste au moins un troisième récit dans ce roman, passionnant, je le répète. C’est le séjour lui-même en Mongolie, et surtout la rencontre des quelques missionnaires catholiques qui y résident. Cercas est fasciné, au point que, parfois, il se surprend à dire qu’il resterait bien là-bas comme missionnaire lui-même !

N’hésitez pas à acheter ce livre très riche et vous participerez à des conversations passionnantes avec des grands personnages romains et des humblesmissionnaires, ainsi avec sœur Francesca. J’ai dégusté.



[1] Javier Cercas, Le Fou de Dieu au bout du monde, Actes Sud, 2025.



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