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De toute urgence (la COP28)


Charles Delhez sj –


« Outre la guerre, notre monde est menacé par un autre danger majeur : le changement climatique, qui met en danger la vie sur terre et surtout les générations futures. Et cela contredit le plan de Dieu, qui a tout créé pour la vie », a martelé le Pape lors de l’Angélus du 26 novembre.

L’urgence climatique se rappelle à nous tous les jours par des phénomes extrêmes. Elle justifiait la déplacement hélas annulé du pape François à Dubaï, pour la COP28. Le GIEC demande des mesures immédiates et drastiques, sous peine d’effets de seuil. À + 2°, il y aura peut-être encore moyen de s’adapter, mais à + 4°, ce que l’on craint de plus en plus, les fondements de la société humaine seront remis en cause.


Le réchauffement climatique est le symbole des autres urgences. Les changements environnementaux ne manquent pas : raréfaction des ressources naturelles, disparition des espèces, pollution, déforestation, etc. Tout est lié. Ces défis sont imbriqués les uns dans les autres et ne pourront être relevés qu’en même temps, sinon aucun ne le sera.

Nous pouvons nous attendre à une mutation profonde de notre « système humain », une bascule de civilisation. C’est la fin de notre rêve de maîtrise complète de la nature et du cosmos. Un rêve de puissance, mais qui a fait de l’ombre, beaucoup d’ombre. Ce que nous avons qualifié de progrès n’était peut-être que le développement d’une erreur, selon le mot de Jean Cocteau.

Les solutions techniques ne suffiront pas, car « on ne résout pas les problèmes avec les outils qui les ont engendrés », disait Einstein. Les sirènes du transhumanisme, les fantasmes d’une vie sur une autre planète pour une minorité privilégiée, tandis qu’on saccage et épuise la nôtre, ne font que prolonger le mythe de la croissance infinie. Un nouveau monde doit naître, le nôtre étant en fin de vie.

Il nous faut changer de style de vie, opter pour la sobriété et retrouver un esprit de contemplation. Le créateur, en effet, se donne à rencontrer dans tout ce qui nous entoure, et notamment dans la nature. La recherche de la seule performance et la valorisation de la consommation rendent Dieu invisible. À côté de l’écologie comportementale, il faut cultiver une écologie intérieure dont le maître-mot est l’humilité, le retour à la terre, à l’humus dont est fait l’humain. Il nous faudra changer notre regard sur le cosmos et y redécouvrir Dieu, le Père de tous, l’auteur de toute vie, le créateur de cet univers qui nous est confié.


Nous avons en effet atteint une quasi paralysie individuelle et collective. François parle de conversion écologique tant au niveau individuel que sociétal. Sans changer les structures, les mentalités ne peuvent évoluer. La conversion individuelle doit être accompagnée de transformations institutionnelles et systémiques.

C’est à tous les niveaux que notre avenir commun se joue : individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernements. Heureusement, des essais de vie communautaire, la promotion de nouveaux circuits économiques, la recherche d’une mobilité douce, la gestion nouvelle de l’obsolescence, une autre manière d’investir et de consommer voient le jour. Mais ils ne sont, hélas, pas encore le fait de la majorité. Or, la transition écologique ne réussira qu’en dessinant ensemble et dès aujourd’hui le mode de vie que nous entrevoyons et espérons pour demain.





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