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Contrastes et continuité

  • Michel
  • il y a 19 heures
  • 2 min de lecture


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Charles Delhez sj —

Est-ce Napoléon qui nous vaut ce repère des 100 jours[1] ? Peut-être. Toujours est-il que nombreux sont les médias, friands de ces chiffres symboliques, qui ont esquissé un bilan des 100 premiers jours de Léon, élu le 8 mai.

Les contrastes avec François sont volontiers soulignés. Après un pape «  révolutionnaire » mais aussi autoritaire et clivant, certains peinent en effet à s’adapter à un pape plus modéré, alors que d’autres soufflent enfin. J’avoue être un grand fan de François, mais un pape ne doit pas nécessairement ressembler à son prédécesseur. Celui-ci était rapide sur la balle, parfois trop il est vrai. Celui-là est davantage réfléchi. Des adjectifs reviennent souvent : réservé, prudent, écoutant, souriant, calme, mesuré, méthodique, posé…

Léon évite les polémiques inutiles, frustrant d’ailleurs ainsi les journalistes. À son propos, on s’accorde sur le mot discrétion, alors que François faisait volontiers la une. Le pape argentin ne craignait pas l’improvisation — pas toujours réussie, il est vrai. Le pontife américano-péruvien, dès le premier soir, avait son papier en main. Il n’improvise pas et n’avance pas à coup de slogans, il évite toute polarisation.

Ainsi apparaît-il comme un faiseur de ponts entre intégristes et progressistes. Il est soucieux de réconciliation et de paix tant en interne – il ménage la Curie, malmenée par François – qu’au niveau international. Gaza, l’Ukraine, le Moyen-Orient, l’Afrique sont souvent rappelés par lui à la conscience mondiale.

François cassait les codes et avait tendance à faire passer sa personne avant sa fonction, Léon s’efface devant elle et, au niveau symbolique, contraste avec le pape jésuite : vêtements plus classiques, retour dans les appartements pontificaux, séjour à la résidence d’été de Castel Gandolfo.

Peut-être veut-il ainsi donner des gages pour pouvoir avancer sur le fond. Les signes de continuité sont en effet clairs : priorité aux pauvres (le 17 août, il partageait un repas avec une centaine d’entre eux), synodalité, paix dans le monde. À cela, il ajoute volontiers la question de l’Intelligence artificielle. Soulignons aussi la réussite du jubilé des jeunes.

On attend le nouveau pape sur les dossiers urgents : les finances du Saint-Siège, qui sont dans le rouge, les scandales sexuels dans l’Église, la mise en œuvre de la synodalité et sa prochaine encyclique. Mais sans doute ne touchera-t-il pas au célibat des prêtres, au mariage classique entre un homme et une femme ou aux questions éthiques comme l’avortement et l’euthanasie. Les progressistes occidentaux seront déçus.

Un changement de style, de manière de procédé, c’est évident, mais cependant une continuité sur le fond. L’habit ne fait pas le moine, le style ne fait pas le pape. C'est la fidélité à la tradition de l’Église, non pas figée, mais en évolution constante, qui importe. Ne focalisons donc pas sur les apparences. Rien n’est remis en question sur les acquis essentiels. Certains, pourtant, s’impatientent. Léon, lui, prend son temps. Prenons le nôtre. François avait accéléré le tempo, risquant de laisser certains à la traîne. Or, l’Église, ne l’oublions pas, est un grand paquebot qui ne vire pas si vite de bord, mais qui, jusqu’à présent, n’a pas encore fait naufrage.


[1] Le 1er mars 1815, Napoléon s’enfuyait de l’île d’Elbe et, déjà le 22 juin, abdiquait pour la seconde fois et était exilé à l’île Sainte-Hélène.



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