Homélie de la messe de la Nativité 2021


« Acclamez votre roi ! » dit le psaume de la messe de la nativité, mais c’est assurément un roi bien étrange, tout en étant quelqu’un d’important.

Comme le définir ? Qui est-il, ce Jésus ? Pourquoi est-il si important ? Nous sommes en effet plus de 2,3 milliards de personnes à fêter sa naissance et à nous dire chrétiens. Hier, lors de la messe des enfants, un enfant a répondu : Jésus, il est l’envoyé de Dieu.


Les signes d’un au-delà de notre monde

Il y a plus vaste que notre humanité confinée, enfermée en elle-même. Comme le dit l’évangile, la gloire de Dieu les enveloppa de sa lumière. Et s’il y a un au-delà, n’y aurait-il pas un signe ou des signes de celui-ci ? Nous avons de la peine aujourd’hui à imaginer tout cela car on est tellement bien - en Europe, du moins - avec notre petit confort qu’on n’a peut-être pas besoin d’autre chose.

Voilà que les bergers qui sont des gens un peu en marge de la société sont invités à percevoir les signes et ces signes, c’est un enfant emmailloté et couché dans une mangeoire, de la paille, une étable, des parents tout simples.

Si on regarde la littérature de l’époque, on voit que St Luc en reprend les codes pour décrire une naissance mais tout est renversé et le contraste est frappant: un bébé emmailloté, de la paille, les premiers visiteurs qui sont des bergers. Pour un personnage important, cela sort de l’ordinaire.

Il y a aussi dans le texte, cette touche qui nous montre qu’il y a autre chose: les anges sont là à titre de signature du ciel et nous invitent à ouvrir nos yeux et nos cœurs et à regarder plus loin que notre horizon.


La mission de Jésus : un apparent échec

Dans les textes sur la vie de Jésus, tous les symboles nous renvoient à la Pâques de Dieu : Jésus est l’envoyé de Dieu, mais il rate apparemment sa mission et celle-ci se termine sur une croix.

Ainsi, Jésus fera sa joyeuse entrée sur un âne, symbole de paix, de faiblesse mais aussi d’entêtement. Ne serait-ce pas le symbole que Dieu veut vraiment que nous accueillions son message et que nous façonnions un monde plus beau ?

L’aventure de Jésus se termine sur une croix et pourtant, c’est cela qui nous rassemble ce matin et ce en quoi nous croyons: ce qui a sauvé le monde, c’est un apparent échec, mais au matin de Pâques, le tombeau était vide et l’amour est plus fort que la croix.


Plus d’espace à Dieu dans nos vies

Sur l’icône de la paroisse qui est utilisée lors des funérailles, il y a une croix mais Jésus s’en détache et s’envole parce que son amour est plus fort que la croix et c’est vers nous qu’Il s’envole : Dieu veut nous rejoindre mais pour cela, il faut que nous ouvrions notre cœur et que nous L’accueillions.

Comme le dit Etty Hellisum dans son journal spirituel - voir extrait sur le site de la paroisse -, ce n’est pas à Dieu à nous sauver, mais à nous, à sauver Dieu : « Je vais t’aider Dieu à ne pas t’éteindre en moi ».

Malheureusement, nous avons de plus en plus rétréci la place de que nous donnons à Dieu dans nos vies. Donnons-lui donc plus d’espace, accueillons Le, et faisons Lui une demeure en nous.

Gardons aussi en mémoire ce beau refrain d’un chant qui résume bien l’homélie de cette fête de Noël : Regardez l’humilité de Dieu, faites-lui l’hommage de vos cœurs.


Résumé de l’homélie sur base des notes prises par Huguette Dardenne