Homélie du 15 août 2022 : fête de l’Assomption

Apocalypse, Jean, 11,19a ; 1-6a.10ab ; 1ère lettre aux Corinthiens 15,20-27a ; Luc, 39-56


En ce jour de la fête de l’Assomption, nous fêtons le Christ ressuscité, visité sous l’angle de la Vierge Marie qui est habitée par la grâce. Dans le Magnificat, Marie nous chante sa joie, d’une part, et d’autre part, nous y trouvons aussi le cœur du message de l’Eglise : les superbes sont renversés de leur trône, les humbles sont élevés, les affamés sont nourris …

Jésus est venu renverser notre logique humaine en vue d’une humanité plus fraternelle et c’est ce que Marie chante.

Le bonheur de Marie, ce n’est tant d’avoir porté Jésus que d’avoir osé croire à la Parole de Dieu renversante : « Heureuse la mère qui t’a porté en elle, et dont les seins t’ont nourri ! » dira une femme à Jésus. Et Jésus de lui répondre : « Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent ! » (Luc,11,27-28).

Ce bonheur véritable d’écouter la Parole et de la garder, nous pouvons tous y accéder.


Le mystère chrétien

Les textes de ce 15 août nous redisent tout le mystère chrétien.

Arrêtons-nous un instant à la symbolique : Adam et Eve dans les premières pages de la Bible ; Jésus le nouvel Adam chez St-Paul. La femme qui enfante dans l’Apocalypse de St Jean, et qui écrase le serpent, c’est Marie, la nouvelle Eve.

Le cœur de la foi chrétienne est là : le monde peut être renouvelé car Dieu est fidèle à ses promesses. Si Dieu a créé l’homme à sa ressemblance et à son image et a pu dire que c’était bon, c’est que c’était vraiment bon. Bien sûr, le monde est traversé par des déserts, des persécutions, mais il y a un autre monde à l’horizon.


Nous fêtons Marie

Marie est cette touche féminine dans le mystère de Dieu, parfois un peu austère. Jésus a vécu dans un autre monde, qui était une société patriarcale et c’est dans cet autre monde que la Parole a été proclamée.

La vision de Dieu est souvent exprimée en termes masculins et le peuple chrétien a toujours eu besoin d’associer à ce mystère de Dieu, le sourire de Marie. Car Dieu est un Père qui nous aime comme une mère et c’est ce que Marie nous rappelle.

Cette Marie est la nouvelle arche d’alliance, symbole de notre relation transformée avec


Dieu : dans l’ancien testament, l’arche était un coffret en bois déposé dans la tente qui contenait les pierres de la loi sur lesquelles était gravés les dix commandements.

Jésus est la nouvelle alliance : ce n’est plus la loi gravée sur des pierres, mais c’est la loi de l’amour gravée dans le cœur de chaque homme et de chaque femme et tout particulièrement dans le cœur de Jésus qui ira jusqu’au bout et donnera Sa vie par amour.




Nous célébrons le Christ ressuscité

Le cœur de notre foi, c’est le Christ ressuscité : c’est en Lui qu’est notre espérance et par Lui, la mort est vaincue, nous dit St-Paul.

L’audace chrétienne est de dire qu’il y a un monde nouveau qui se prépare. Nous ne pouvons pas le décrire, mais nous pouvons en donner des signes : ce sont toutes les pépites d’amour qui parsèment notre vie et qui seront rassemblées dans le ciel pour devenir une Magnifique statue en or massif. Le ciel, ce n’est donc pas seulement pour après mais c’est dès à présent que nous le préparons.

Ce monde nouveau dans lequel nous croyons, ce n’est toutefois pas une consolation facile et il nous faut d’ores et déjà purifier l’or parfois au creuset de nos souffrances et de nos combats, si nous voulons que la statue soit belle.


Nous célébrons l’Eglise, cette femme qui enfante Jésus

Ce que nous avons de plus beau à offrir au monde, c’est le Christ ressuscité mais cela ne se fait pas sans combat. La bible situe son message au cœur d’un monde qui était violent et qui l’est encore aujourd’hui.

Ce monde nouveau que la Femme enfante au désert et que nous préparons, c’est le royaume de Dieu, un monde à l’envers. L’audace chrétienne, c’est en effet de renverser nos priorités spontanées.

Il y a deux textes fondamentaux dans le message chrétien : le Magnificat, d’une part et les Béatitudes, d’autre part.

Ce sont des messages renversants car spontanément, nous ne dirions pas que les pauvres, les persécutés… sont bienheureux. Or, ces deux textes sont chaque fois introduits par une note de joie : je chante pour mon Dieu, dit Marie dans le Magnificat et bienheureux êtes-vous, vous les pauvres, les persécutés…, lisons-nous dans les Béatitudes.

Il faut que nous soyons habités par la joie car nous croyons que Dieu est fidèle dans ses promesses : c’est cela l’audace chrétienne !

Elisabeth et Marie se rencontrent : c’est l’ancien testament qui se termine avec Elisabeth et c’est le nouveau testament qui commence avec Marie : « Il se souvient de son amour, de la promesse faite en faveur d’Abraham et de sa descendance à jamais. »

Nous sommes la descendance d’Abraham. Soyons heureux !


Résumé sur base des notes prises par Huguette Dardenne