Homélie du dimanche 3 octobre 2021

27e dimanche du Temps Ordinaire – Année B


Les enfants - mais pas au sens d’enfants rois - sont au centre de l’évangile de ce dimanche.

Les enfants sont le symbole des « petits » et c’est bien cela, le renversement évangélique : la place primordiale donnée par Jésus aux petits. Ce renversement est tout à fait présent dans l’évangile de Marc avec une dimension en plus par rapport à Mathieu : nous sommes invités à accueillir Dieu comme un enfant qui sait qu’il a besoin de ses parents et à nous laisser porter par Lui.

Du temps de Jésus, la culture était centrée sur la masculinité alors qu’aujourd’hui, une place de plus en plus importante est faite à la femme, même s’il reste des progrès à faire. Il s’agit donc d’élargir le message de l’évangile qui a été écrit dans le contexte de l’époque mais notons que Marc a adapté le message de Jésus au milieu romain où la femme pouvait aussi décider de divorcer.


La place de l’homme et de la femme dans la création

C’est l’homme et la femme en relation qui sont au sommet de la création, non pour l’exploiter et la dominer, mais pour l’habiter harmonieusement et y vivre dans l’amour.

Dieu est un mais est en même temps communion. Apprenons non pas à dominer mais à transformer le monde par la qualité de nos relations.


A partir du couple, l’humanité renaît à chaque fois

A partir d’un seul couple, la terre va se peupler et l’amour du couple va « déborder » et s’étendre aux enfants, aux copains de ceux-ci, aux beaux-enfants, aux petits-enfants… pour devenir relation multiple et s’élargir vers la fraternité.

Dans un couple, il y a toi, moi et nous, à savoir l’œuvre commune que nous créons et vivons ensemble. Le tout est donc supérieur à la somme des parties (1 + 1 = 3)

Par contre, si 1 + 1 = 2, nous risquons d’avoir des chemins parallèles et bientôt, cela sera 0 car nous n’aurons plus rien en commun. Même chose, si nous sommes dans la fusion : 1 + 1 = 1 et bientôt 0 car un des deux doit s’effacer mais lequel ?

Ma vie est donnée à l’autre par de petits gestes d’amour et évolue au fil du temps : tout commence par éros, devient philia, (l’amitié) et puis, tout est donné (agapè).


Egalité entre l’homme et la femme

Si nous pouvons devenir une seule chair, c’est parce que nous sommes de la même chair.

J’offre à mon conjoint une présence qui vient de l’intérieur de moi-même et est constitutive de mon identité profonde et qui est en même temps extérieure à moi puisque j’ai accepté de quitter mes parents pour lui.


Le rêve de Dieu : l’unité

Le rêve de Dieu, c’est la communion entre nous alors que nous aimons parfois tellement détricoter et semer la zizanie.

Dieu veut unir l’humanité et cela nous concerne et concerne toutes nos relations, que nous soyons célibataires, mariés, veufs,...


L’échec de la relation

La loi est là pour gérer l’échec mais le légal ne dessine pas un idéal, inscrit au plus profond de nous-mêmes et devant guider notre vie.

Cela étant, chacun fait ce qu’il peut et de son mieux et Jésus ne jette certainement pas la pierre à ceux qui échouent dans leur relation conjugale. Faisons comme Lui et respectons le chemin de chacun. Au travers de l’échec, il peut d’ailleurs y avoir un rebondissement et une deuxième union qui permet parfois d’aller plus loin dans l’unité.


Soyons semeurs d’amour

Le rêve de Dieu se concrétise par le plus petit geste d’amour que je pose et ce même si je n’en vois pas les fruits. Je pose ce geste, simplement parce qu’il traduit l’amour et peut-être un jour, ce geste sera-t-il porteur de fruits à l’instar du gland qui devient chêne…


Notes prises par Huguette Dardenne lors de l'homélie du Père Charles