Funérailles de Gaspard, le fils d’Anne-Dauphine Julliand


28 janvier 2022


Ce mercredi 26 janvier ont été célébrées les funérailles de Gaspard, le fils d’Anne-Dauphine Julliand. Au début de la messe, l’écrivaine et son époux se sont adressées à l’assemblée, livrant un témoignage de foi et de sérénité peu communs face à ce nouveau deuil qui les frappe.


« Bonjour à tous. Avant de commencer cette messe pour Gaspard, Anne-Dauphine et moi voudrions vous parler en cœur à cœur de ce qui s’est passé. La mort de Gaspard est un mystère. Elle est incompréhensible pour notre esprit et notre cœur d’homme, mais on peut tenter de l’éclairer en plongeant dans le cœur de Gaspard. » (Loïc de Rosanbo)

« Il y a cinq ans, dans cette même église, Gaspard, à 15 ans, est entré en portant le cercueil de sa sœur Azylis. Azylis était toute sa joie. Il l’aimait d’un amour extraordinaire. Il voyait à travers la vie et le cœur de sa petite sœur une fenêtre ouverte sur le Ciel. Les deux années qui ont suivi la mort d’Azylis ont été très compliquées pour lui. Mais son arrivée en prépa, tout à la joie de découvrir la vie étudiante, l’a rendu très heureux. Ses cours l’intéressaient. Il vous avait vous, ses amis, il avait rencontré Albane. Nous le sentions heureux. » (Anne-Dauphine Julliand)

« Mais début décembre, Gaspard est rentré à la maison pour nous dire qu’il allait très mal. Depuis un an, malgré toutes ces raisons d’être heureux, il était envahi par une souffrance insondable. La mort d’Azylis lui avait peu à peu ôté tout sens et toute envie de vivre. Cette souffrance l’a plongé dans une grande dépression. Avec lui, nous avons alors mis en place tout ce qu’il fallait pour qu’il guérisse, et qu’il avance sur son chemin de deuil. Son retour à la maison, en famille, lui a fait du bien, et lui a donné un espoir de guérison. Au bout d’un mois, pourtant, il nous a demandé à être hospitalisé parce qu’il se sentait en danger. Il voulait vraiment guérir, il voulait vivre. Après deux jours d’hôpital, il nous a dit être content d’y être, et a commencé à sentir des effets bénéfiques. Les médecins étaient confiants dans une amélioration rapide de son état. Jeudi soir, il nous a demandé de lui apporter des affaires pour le lendemain, il nous a parlé de son avenir. Et surtout, il nous a dit qu’il pensait enfin qu’il allait vraiment s’en sortir. Mais dans la nuit, il s’est donné la mort ». (LdR)

« Alors qu’il avait tout fait pour se libérer de cette souffrance ; alors qu’il avait eu le courage de nous en parler puis d’être hospitalisé ; alors qu’il aimait la vie et qu’il voulait vivre, quelque chose de plus fort que lui l’a emporté. Les médecins nous l’ont confirmé : rien ne laissait présager un tel geste. Tout ses actes montraient au contraire qu’il se battait pour vivre. Mais une lame de fond l’a emporté. » (A-DJ)

« Nous nous adressons particulièrement à vous, ses amis : soyez absolument certains que Gaspard est aujourd’hui en paix. Il voulait vivre. Il se savait immensément aimé et il aimait. Il ne s’est pas suicidé par désespoir, mais parce qu’au cœur de sa souffrance, une force a vaincu son courage et sa volonté. Il avait la certitude que Thaïs et Azylis l’attendaient auprès de Jésus. Le Ciel lui était familier, car ses sœurs y habitent. E surtout, surtout, ne vous dites pas que vous auriez pu y changer quelque chose. Il nous l’a dit : vous ne pouviez rien voir, car je ne le voulais pas. Sa volonté de cacher cette souffrance ne permettait à personne de déceler ce qu’il vivait intérieurement. » (LdR)

« Loïc et moi sommes en paix. Nous n’avons aucune colère. Nous ne cherchons pas de réponse à ce mystère. Nous l’avons aimé de toutes nos forces, et nous l’aimons encore. » (A-DJ)

« Gaspard, nous te demandons d’aider chacun ici à trouver la paix. Et puisque tu es dans le plein Amour de Dieu, aide-nous aussi à trouver cette lumière. Gaspard, veille sur nous. » (A-DJ et LdR)