Dimanche 23 janvier 2022

Introduction à la synodalité


Lors de la messe du dimanche 23 janvier, l’assemblée a été invitée à réfléchir à la synodalité qui est le thème du synode des évêques convoqué récemment par le pape François. Pour ce dernier, la synodalité est en effet une des voies majeures dans la vie de l’Eglise, qui implique de consulter tout le peuple de Dieu afin de voir comment se réalise à différents niveaux le marcher ensemble permettant à l’Eglise d’annoncer l’évangile.

C’est dans ce contexte que le professeur Join Lambert, théologien à l’UCLouvain a été invité à la messe de dimanche dernier afin d’introduire et éveiller l’assemblée à ce thème important et avec lequel nous sommes peu familiarisés. Celui-ci a expliqué que le but du pape François était de faire germer des rêves, de susciter des prophéties et des visions. Il y a en quelque sorte un appel à penser hors du cadre, à se laisser inspirer pour apprendre l’un de l’autre.

C’est d’ailleurs ce à quoi nous invite une des lectures du jour, à savoir la première lettre de St-Paul aux Corinthiens, 12,12-30. St-Paul compare l’Eglise à un corps où chaque membre : la tête, l’œil, les pieds…, aussi peu honorable soit-il, fait partie du corps et est indispensable à l’organisation de celui-ci. Dieu n’a pas voulu qu’il y ait de division dans le corps, mais au contraire, les différents membres ont besoin les uns des autres et doivent avoir le souci de tous.

Ainsi doit-il en être dans l’Eglise où chacun et chacune, même s’il est marginal que ce soit dans l’Eglise ou dans la société, est invité à prendre sa place et à prendre la parole. En effet, l’Esprit est présent chez tous les baptisés et un appel est donc lancé à ceux qui se sentent engagés dans l’Eglise à aller chercher la voix de ceux qui ne se sentent pas ou moins concernés.

Après l’introduction du professeur Join Lambert, l’assemblée a ainsi été invitée à partager en petits groupes de cinq ou six personnes sur ce thème et les interventions de chaque groupe sont reprises ci-après.


1. Chacun peut venir tel qu’il est et ne doit pas correspondre à une image ou à un modèle. L’accueil dans la paroisse : une personne qui vient depuis peu de temps constate qu’elle ne connait personne et personne ne vient vers elle.

Besoin d’être nourri spirituellement.

Nous devons nous penser minoritaires, ce qui changera notre manière d’être par rapport aux autres.

Problème de la transmission de la foi aux jeunes.


2. Chacun vient avec ses richesses, sa propre relation à Dieu et son propre cheminement.

Mais quand on dit « chacun », cela concerne aussi ceux qui ne viennent plus dans nos églises et notamment les jeunes qui ne se sentent plus chez eux dans nos formes d’expression de notre relation à Dieu ; ces formes doivent être réinventées.


3. Ce qui est prenant pour ce groupe, c’est de vivre ce rêve de partage qui est l’expression d’aller vers les autres et notamment les exclus en nous accueillant non pas comme étant le centre du corps, mais comme des parties du corps. Il faut accepter que ce principe prendra du temps et plus que deux ans, mais si on vit ce synode, on apprendra ce principe et on changera les choses.


4. Un corps a besoin de vie et pour vivre, il a besoin de tous ses membres et d’être nourri.


5. Chacun est important dans l’Eglise, quel qu’il soit et a le devoir d’être à l’écoute et d’accepter en toute humilité les autres dans leurs différences. Le Christ veut nous sauver tous, sans exception comme une mère qui aime ses enfants, quel que soit le chemin qu’il a pris.


6. Tout le monde a des qualités ; la question est de savoir ce que nous en faisons en Eglise. A la paroisse de Blocry, on sent qu’il y a communauté, mais une fois qu’on est sorti du bâtiment, c’est plus compliqué. Quels sont nos freins et quels engagements prendre éventuellement ?


7. Tous, nous avons une place, pas nécessairement une place visible, mais personne ne peut être exclu, y compris ceux qui ne viennent pas à l’église.

Les aspects négatifs sont souvent mis sur la sellette et il faudrait davantage valoriser ce qui se fait de bien.

Ne pas focaliser tout sur la liturgie, mais participer à la vie du monde.


8. Important de soutenir la diversité dans les différentes paroisses et dans les communautés chrétiennes du monde, notamment celles qui sont en souffrance ainsi que la diversité dans la vie, en ce y compris la biodiversité. Pour cela, on a à vivre pleinement qui on est.


9. Le corps est un ensemble où un élément n’est pas supérieur à un autre, mais simplement différent ; malheureusement on constate souvent que certaines parties sont mieux considérées que d’autres. Il faut donc remettre cela en place et notamment revoir la place de la femme dans l’église.

On songe aussi aux personnes éloignées de l’église ou à tout le moins à la forme qu’elle prend aujourd’hui - messe - et qui ne correspond plus aux jeunes, ni à certains autres groupes.


10. Dire à quelqu’un qu’on n’a pas besoin de lui cause une souffrance énorme. Nous avons tous un rôle à jouer, celui d’être prophètes, d’être solidaires…Nous sommes des pèlerins en route et certains vont plus vite que d’autres. Peut-être faudrait-il essayer de trouver un rythme commun.

Les nouvelles échangées en début d’eucharistie sont importantes et montrent qu’on forme un corps, avec certaines parties en forme et d’autres en souffrance.


11. Le besoin d’échanger plus longuement sur le sujet a été ressenti.

Une action en-dehors de la communauté est importante, par exemple, vis-à-vis des personnes seules, ce qui leur donne un bol d’air frais.

Importance, à la fin de l’eucharistie, d’aller vers ceux qu’on ne connaît pas pour les saluer : une personne témoigne combien cet accueil a été important pour elle. Ce petit geste pourrait être la dimension synodale vécue au niveau de la paroisse.


D’après les notes prises par Huguette Dardenne